Gilles Clément illustré par Marseille: le tiers-paysage de la L2

(Sur le parcours de la L2, jardins ouvriers © G. Mathieu)
Bien que Gilles Clément n’ait jamais vécu à Marseille, le paysage marseillais semble avoir été conçu tout exprès pour illustrer les idées que le paysagiste développe depuis une dizaine d’années. Les friches urbaines du “tiers-paysage” ne sont nulle part aussi épanouies que dans cet espace urbain plein de lisières, de brèches et de discontinuités. Et si le laisser-aller de la ville faisait finalement partie de ses atouts ?
Cette rencontre entre Marseille et les idées de Gilles Clément a déjà eu lieu, à travers le travail réalisé depuis 2000 par l’un de ses anciens élèves, le paysagiste Rémi Duthoit , qui a réalisé entre autres le petit jardin « buissonnier » de la Joliette.
Mais les idées de Clément entrent également en écho direct avec les recherches photographiques de Geoffroy Mathieu, qui travaille depuis plusieurs années sur l’environnement urbain et en particulier sur « ces espaces de résistance au sein de la violence urbaine, où le plus isolé et le plus fragile s’entêtent à former des poches de poésie » (Dos à la mer).
Dans le cadre d’un ouvrage consacré à la relation ville/nature à Marseille (à paraître en 2009), Geoffroy Mathieu et Baptiste Lanaspèze ont ainsi cheminé le long des parcelles préemptées par la ville dans les années 1950, destinées à accueillir la voie de contournement « L2 », qui ne vit jamais le jour. Depuis le cimetière Saint-Pierre (au sud-est de la ville) jusqu’à Frais-Vallon (centre-ville est), promenade matinale parmi les herbes folles, les plantes médicinales et les jardins ouvriers. Ou comment la L2 illustre la notion de tiers-paysage, « ce fragment indécidé du jardin planétaire ».
A écouter : Entretien avec Gilles Clément, réalisé par Xavier Thomas.
A lire et regarder : Extraits de l’entretien choisis par Baptiste Lanaspèze et photos de Geoffroy Mathieu.
« Ce que j’appelle le Jardin planétaire, c’est le monde comme un enclos au sein duquel nous entretenons et préservons ce qui nous semble avoir de la valeur. »

(Sur le parcours de la L2, Frais Vallon © G. Mathieu)




