Ville sauvage

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Ville sauvage

Souvent mise en avant au plan moral, cette caractéristique physique essentielle de la ville est plus rarement relevée. Et pourtant, avec deux archipels non habités, 20 000 couples de mouettes, la plus large immersion de récifs artificiels en France et bientôt le seul Parc national du pays situé à l’intérieur d’une métropole, Marseille disposerait d’assez de ressources, si elle en avait l’intention, pour devenir une capitale de l’écologie.

À partir d’une approche géographique, irrévérencieuse et résolument de plein air, partons à la découverte de la nature en ville – dans tous ses aspects et sous toutes ses formes. L’occasion rêvée de mettre en œuvre une écologie moins hygiéniste et moins conservatrice – une écologie sauvage.

La phonographie de plein air


© Sonia Levy

Début mai 2008, l’artiste Yannick Dauby a organisé sur l’archipel du Frioul un atelier de phonographie, qui a débouché sur l’élaboration collective d’une pièce sonore, Kelmori (de l’indo-européen Kel-: ce qui émerge, colline, et Mori-: étendue d’eau, mer). Ont participé à Kelmori: Marine Richard, Sonia Levy, Clémentine Maillol, David Bouvard, Céline Bellanger, Caroline Bouissou, Paul Anders, Bruno Persat, Nicolas Rousson et Annabell Piat. Les photographies qui ponctuent les entretiens ont été prises pendant l’atelier par les participants.

L’atelier a été initié par le studio de création sonore Euphonia (resp. Étienne Noiseau) et la pièce finale a été diffusée le dimanche 25 mai à l’espace Montevideo.

Entre Taiwan et Marseille, entre musique concrète et relations hommes-animaux, entre art et éthologie: trajectoire d’un artiste en liberté dans le vaste paysage sonore.

3 phonographies à écouter :

«On regarde un Rougequeue à tête noire, et tout d’un coup surgit un Faucon crécerelle»

 
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Nectars urbains

Mercredi 14 mai au matin, sur le toit du théâtre du Merlan, entre le centre commercial, la voie rapide et la cité de la Busserine, l’apiculteur-plasticien Olivier Darné a installé 7 ruches.

Après la Seine Saint-Denis, Beaubourg, le Palais Royal, c’est la première implantation à Marseille du “Miel béton”.
Un miel urbain, sans la moindre trace de pollution, et bizarrement beaucoup plus varié en fleurs que celui que l’on fait dans la campagne agricole. Gilles Clément le rappelait récemment: loin de la monoculture et des pesticides, la ville est devenue une banque de biodiversité (allez voir post “Gilles Clément illustré par Marseille”dans notre blog Ville sauvage). Les ruches vont rester deux ans sur le toit du Merlan: les analyses polliniques nous diront bientôt à quels nectars urbains les abeilles se sont frottées.

Le miel béton marseillais : miel de pays garanti pur géranium de balcon, pur coquelicot de chemin de fer, pur pissenlit de friche urbaine.

BL

Vidéo de Baptiste Lanaspèze
(Musique: “Guacamole” © Gare Saint-Charles: Correspondances électroniques)

Sur la piste animale


© SXC

Lorsque l’homme se rêve animal ou que les bêtes promènent leur regard sur notre monde d’humains, les frontières se bousculent entre ces deux règnes parallèles. Et nos représentations du monde animal se troublent…

De la notion d’animal-machine de Descartes, sans âme ni raison, aux tenants de l’éthologie actuelle qui étudient les comportements -voire les affects- des animaux, l’histoire des relations homme-animal est foisonnante et polémique. « Tout animal a un monde », ce qui n’est pas le cas de tous les humains, disait Deleuze.

Alors qu’une thématique « Sur la piste animale » -initiée par Peuple et culture Marseille- vient d’être programmée au Polygone étoilé (avril 2008), revisitons ce duo homme-animal à la lumière des expériences marseillaises récentes de Yannick Dauby dans les archipels du Riou et du Frioul et d’Olivier Darné qui fête l’inauguration de son Rucher sur le théâtre du Merlan le 14 mai 2008. Car « l‘histoire de l’homme pourrait se raconter selon la déclinaison de ce rapport». (Jean-Christophe Bailly, Le versant animal, 2007, Ed. Bayard).

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Riou appartient à la mer (II)

En Zodiac et sur la Toile

Alors même que la plupart des Marseillais meurent sans y avoir mis les pieds, l’archipel de Riou est plébiscité par Internet. On dispose sur le Web d’une information considérable, à la fois en abondance et en précision.

La qualité de l’information disponible est bien sûr liée à l’activité, déjà ancienne, des écologues et des protecteurs du territoire, (dont les principaux acteurs sont en l’occurrence du CEEP, le Conservatoire du Littoral et l’Union européenne, avec le programme LIFE). Peu de lieux ont été aussi bien étudiés et ratissés que celui de Riou; peu de lieux par conséquent sur lesquels on dispose d’une telle information concernant la faune et la flore.

Le deuxième facteur de cette abondance, c’est la passion particulière que ces lieux suscitent auprès des promeneurs, plongeurs, grimpeurs… qui documentent soigneusement leurs sorties sur le Web.

L’écologie et les territoires suscitent en général une grande production sur Internet. Exemple emblématique, www.oiseaux.net, quasi entièrement animé, depuis 10 ans, par des bénévoles, offre 4500 fiches sur les oiseaux de France. Si l’on mesure l’intérêt pour une question à la quantité de travail non rémunéré qu’on peut faire pour elle, alors l’écologie est bien vivante.

Pour accompagner cette promenade radiophonique en zodiac avec Jennifer Dabat, du Centre Etude des Ecosystèmes de Provence, voici donc, parmi la masse disponible, un infime aperçu de la variété de sites qui nous donnent à voir l’archipel sous toutes ses coutures.

Think global, act local : en articulant le local à l’universel, Internet est le media de l’écologie.

A écouter: l’entretien avec Jennifer Dabat

 
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