Ville sauvage

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Ville sauvage

Souvent mise en avant au plan moral, cette caractéristique physique essentielle de la ville est plus rarement relevée. Et pourtant, avec deux archipels non habités, 20 000 couples de mouettes, la plus large immersion de récifs artificiels en France et bientôt le seul Parc national du pays situé à l’intérieur d’une métropole, Marseille disposerait d’assez de ressources, si elle en avait l’intention, pour devenir une capitale de l’écologie.

À partir d’une approche géographique, irrévérencieuse et résolument de plein air, partons à la découverte de la nature en ville – dans tous ses aspects et sous toutes ses formes. L’occasion rêvée de mettre en œuvre une écologie moins hygiéniste et moins conservatrice – une écologie sauvage.

Des trognes à Almaty : Genèse de la forêt urbaine

penone
Giuseppe Penone, Elevazione

Une mutation extraordinaire
est en train d’avoir lieu
dans nos représentations de la nature

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STATION : Un monument à Fernand Pouillon

Panthéon sauvage #2

Station sanitaire construite au Vieux Port en 1948, « le paillasson de Marseille »

Dandy, businessman et mystique accompli, Fernand Pouillon, figure incontournable de la reconstruction d’après-guerre, entre après Pythéas dans notre Panthéon sauvage.

Érige-t-on un monument en l’honneur d’un architecte ? Fernand Pouillon a déjà modelé une partie significative du centre-ville marseillais – 20 bâtiments au total, sans compter tout le quartier du vieux Port, côté mairie. Plutôt que de proposer un nouveau monument, si nous commencions par voir ceux qui sont déjà là ? Comme par exemple la « Station sanitaire », coincée entre la Major et le fort Saint-Jean.

Destiné à contrôler l’état de santé des immigrants, essentiellement des maçons maghrébins, de l’immédiat après-guerre (1948), la station sanitaire, également appelée « le paillasson de Marseille » a été un point d’entrée dans la ville, dont la fonction est comparable à celle d’Ellis Island à New York.

Douze après ce bâtiment emblématique de la fin de l’Empire, Pouillon traversera la Méditerranée, et passera dix ans en cavale en Algérie suite à des ennuis avec la justice française. En Algérie, il construira 148 bâtiments, se convertira à l’Islam et écrira ses deux principaux ouvrages, dont Les Pierres sauvages, l’autobiographie fictive d’un maître d’œuvre cistercien, architecte de l’abbaye du Thoronet, aux prises avec les pierres, la forêt et la mort. 

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